Un nouveau rapport d’Hôtels Canada montre comment le gouvernement fédéral peut améliorer les conditions d’investissement dans le secteur hôtelier
Des réformes fiscales fédérales pourraient stimuler la construction de nouveaux hôtels, renforcer les infrastructures touristiques et retenir les capitaux canadiens au pays
Hôtels Canada a publié aujourd’hui La course aux capitaux : Pourquoi le Canada doit agir dès maintenant pour attirer les investissements hôteliers, un nouveau rapport qui met en lumière les difficultés croissantes du Canada à demeurer concurrentiel pour attirer les investissements hôteliers. Le rapport présente également quatre réformes fiscales fédérales pour remédier à la situation.
Le rapport révèle que, malgré la confiance des investisseurs envers le secteur hôtelier canadien, les rendements plus élevés offerts aux États-Unis attirent leurs capitaux. Au Canada, les investissements sont principalement consacrés à l’acquisition et à la rénovation d’établissements existants plutôt qu’à la construction de nouveaux hôtels. Les investisseurs sont plus de deux fois plus susceptibles d’acquérir ou de rénover un hôtel existant que d’en construire un nouveau. Cette tendance illustre la difficulté croissante à obtenir des rendements concurrentiels sur les nouveaux projets hôteliers au Canada, malgré la vigueur de la demande touristique.
« Le problème n’est pas que les investisseurs se désintéressent des hôtels canadiens, a déclaré Beth McMahon, présidente-directrice générale d’Hôtels Canada. D’importants capitaux sont disponibles pour être investis au Canada, particulièrement dans les marchés où la demande touristique continue de croître. Toutefois, notre régime fiscal actuel fait souvent en sorte qu’il est plus avantageux d’investir ailleurs. Si nous voulons attirer et retenir les investissements, créer des emplois et soutenir la croissance économique, le Canada doit se doter d’un régime fiscal plus concurrentiel. »
« L’intérêt des investisseurs pour les hôtels canadiens demeure élevé, mais il existe une nette différence entre l’acquisition d’un établissement existant et la construction d’un nouvel hôtel, a déclaré Robin McLuskie, directrice générale, Hôtels, chez Colliers, qui a collaboré avec Hôtels Canada à la réalisation de l’enquête sur les perceptions des investisseurs hôteliers. Le rapport montre comment les coûts des projets, les conditions de financement et le traitement fiscal influencent ces décisions, et pourquoi une forte demande touristique ne se traduit pas automatiquement par la construction de nouveaux hôtels. »
Le rapport met notamment en lumière les éléments suivants :
- Les hôtels constituent des infrastructures essentielles qui soutiennent les 35 milliards de dollars de recettes d’exportation touristiques annuelles du Canada.
- Près de la moitié des investisseurs hôteliers canadiens (46 %) ont déjà investi aux États-Unis ou envisagent de le faire.
- Au Canada, les investisseurs sont plus de deux fois plus susceptibles d’investir dans des hôtels existants que dans la construction de nouveaux établissements.
- Une comparaison de projets hôteliers à Ottawa et à Philadelphie révèle que le projet américain offre un rendement après impôt près de deux fois supérieur à celui du projet canadien.
Pour renforcer la compétitivité du Canada, Hôtels Canada demande au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :
- Élargir les règles relatives aux biens de remplacement (article 44 de la Loi de l’impôt sur le revenu) afin de mieux concurrencer le mécanisme d’échange prévu à l’article 1031 du code fiscal américain, en permettant le report de l’impôt sur les gains en capital lorsque le produit de la vente est réinvesti dans toute immobilisation répondant aux critères d’admissibilité.
- Imposer la récupération de la déduction pour amortissement au taux d’imposition des gains en capital, plutôt qu’au taux d’imposition des sociétés, lorsque le produit de la vente est réinvesti dans une immobilisation.
- Moderniser les règles de restriction des dépenses excessives d’intérêts et de financement (RDEIF) en adoptant une approche fondée sur le bénéfice avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements (BAIIDA), qui tient mieux compte des réalités des secteurs à forte intensité de capital, comme l’hôtellerie.
- Bonifier la Mégadéduction à la productivité pour permettre la déduction intégrale, dès la première année, du coût des nouveaux bâtiments hôteliers.
Le rapport souligne une réalité simple : les capitaux n’ont pas de frontières. Les investisseurs placent leurs capitaux là où ils peuvent obtenir les meilleurs rendements. Le Canada doit donc rivaliser de plus en plus non seulement pour attirer les investissements étrangers, mais aussi pour retenir les capitaux de ses propres investisseurs.
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